martes, 13 de junio de 2017

Dialogue franco-allemand des mémoires et d'avenir dans le Valromey




 Henri REYNAUD

14.06.17 .-  Le 8 mai 1945 revêt, pas seulement pour notre pays, une double dimension. S'il consacre la victoire de la France résistante et de ses alliés sur l'Allemagne nazie, il marque aussi le point de départ de la construction européenne, initiée le 9 mai 1950 avec la main tendue par le Français Robert Schuman au  chancelier de la jeune République fédérale d'Allemagne, avant que  Charles de Gaulle ne scelle solennellement quelques années plus tard la réconciliation franco-allemande avec le chancelier Adenauer.
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> Depuis, les liens de confiance entre la France et l'Allemagne n'ont fait que se renforcer et nos deux pays sont aujourd'hui considérés par leurs partenaires comme le "moteur" de l'Union européenne.
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> La poignée de main entre François Mitterrand et Helmut Kohl à Verdun est présente dans toutes les mémoires, tout comme l'est l'étreinte entre Jacques Chirac et Gerhard Schröder lors de la commémoration du 60ème anniversaire du débarquement, le 6 juin 2004 en Normandie. Plus récemment, le Président fédéral allemand Joachim Gauck avait tenu à se rendre au village martyre d'Oradour-sur-Glane près de Limoges en compagnie du président de la République François Hollande.
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>  C'est dans cet esprit que le Comité du Mémorial des morts 1939-45 du Valromey a souhaité, pour associer pleinement notre petite région à ce dialogue franco-allemand des mémoires et d'avenir, inviter le Consul général de la République fédérale d'Allemagne à Lyon, M. Klaus Ranner, le 31 mai dernier, cette rencontre  devant lui permettre de prendre la mesure, tout à la fois, de ce qu'a alors  été la lutte du Valromey contre l'occupant nazi et du  chemin parcouru depuis lors par cette région dans le contexte du rapprochement franco-allemand et de la construction européenne.

Comme l'a montré la réunion à la Maison de Pays de Champagne-en-Valromey, où l'a accueilli le maire, M. Claude Juillet, cette visite a marquée pour les anciens combattants et résistants et surtout pour les orphelins des déportés et fusillés, par la reconnaissance, pour la première fois, par un officiel allemand, des souffrances endurées, ainsi qu'il ressortait des propos émouvants de Mme Anne Billan et de M. Guy Bertrand. Le président du Comité du Mémorial, le Dr. Jean-Paul Larbre, évoquait alors la "résilience" qui, seule, leur avait permis de surmonter ces épreuves.


M. Guy Permezel, président  des Rescapés de Montluc, prison lyonnaise de la Gestapo de sinistre mémoire, a fait part du projet de son association de faire revivre le souvenir des déportés du Valromey et du Bugey, pour lesquels il est en quête d'informations.


Le pari sur la jeunesse


Il a ensuite été rappelé qu'en 1945, la France avait eu le souci de ne pas répéter l'erreur de 1918 en voulant "faire payer l'Allemagne", mais de lui "tendre la main" pour construire cette fois un avenir européen. Une politique accompagnée quelques années plus tard par la création de l'Office franco-allemand pour la Jeunesse, qui, en 50 ans, aura permis à davantage de jeunes des deux pays de se rencontrer que les deux guerres n'avaient jeté de soldats français et allemands les uns contre les autres.

Illustration de cette politique fondée sur la jeunesse, Bénédicte Grange, diplômée en droit de la jeune Université Franco-allemande, a témoigé de la richesse d'une formation  dans deux langues et deux cultures, avant que les élèves germanistes de 4ème du Collège d'Artemare ne viennent dire leur vision de l'amitié franco-allemande, Pauline Godet, maire de Belmont-Luthézieu, évoquant de son côté  l'engagement de sa commune auprès des enfants sur le thème de la paix.

Damien Abad, président du Conseil départemental, a relevé en conclusion l'importance d'ancrer le dialogue franco-allemand jusque dans les territoires comme le Valromey et rappelé que le travail de mémoire devait être porté de génération en génération, l'ouverture à l'Europe n'allant pas forcément toujours de soi, ainsi que l'avait montré la récente campagne pour l'élection présidentielle.

Le Consul général d'Allemagne, Klaus Ranner, a alors dit sa conscience des épreuves que l'Allemagne avait fait subir à la France dans la première moitié du 20ème siècle et salué l'oeuvre de toutes celles et ceux qui avaient fait en sorte qu'il puisse aujourd'hui être présent dans le Valromey en tant qu'ami de la France.  Cette rencontre empreinte d'émotion a été cloturée par un vin d'honneur, préparé par Michel Pras, lors duquel les  participants ont noué un dialogue chaleureux avec le consul d'Allemagne.

L'après-midi, Klaus Ranner, accueilli par le maire de Sutrieu, Gérard Perron, est allé s'incliner devant la stèle du village de Saint-Maurice, incendié le 15 juin 1944 par la Wehrmacht en représailles d'une attaque de la Résistance, avant de se recueillir au Mémorial des morts 1939-45 du Valromey. 

Le Comité du Mémorial réfléchit au prolongement à donner à cette première rencontre franco-allemande et aux actions qu'il pourrait entreprendre afin de faire vivre ce dialogue des mémoires et d'avenir.



Henri REYNAUD
Ancien ambassadeur de France
Membre du Comité du Mémorial
aux morts 1939-45 du Valromey

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